La Mante Religieuse

C’est le jardin qui m’a permis de découvrir les mœurs de cette belle ténébreuse. Le point de départ est venu de Sylvie qui m’appelle, un jour, pour me montrer un accouplement de Mantes. Je vais vite fait chercher mon appareil pour immortaliser la scène et, au bout d’un dizaine de minutes, c’est l’incroyable vérité qui s’offre à moi : Madame se met à boulotter Monsieur ! Il faut dire que, bizarrement, celui-ci n’oppose aucune résistance. C’est la tête qui est attaquée en premier ce qui permet de voir l’incroyable : l’abdomen du mâle décapité qui continue à se contracter donc l’accouplement continue et Monsieur en a perdu la tête !
Ces faits se déroulent en été. Il y eu une semaine mémorable du mois d’août où ce fut meurtres en série. Durant tout le mois de septembre on voit grossir l’abdomen des femelles jusqu’à la fin du mois ou début octobre. Arrivées à ce stade les femelles apparaissent très handicapées par cette panse énorme qui les gêne dans leurs déplacements.
La ponte a lieu souvent en fin de journée. Pour faire les images il m’a fallu deux semaines de surveillance intensive pour enfin découvrir une de ces dames dans son intimité. Il faut dire que la masse d’œufs est déposée sur un support, souvent dans des anfractuosités d’où la difficulté de découvrir l’événement. La ponte est une oothèque c’est-à-dire d’une coque qui renferme plusieurs dizaines d’œufs. A l’observation, on distingue une mousse blanche qui sort de l’abdomen et celle-ci se durcit au contact de l’air. Le plus surprenant est que la structure de l’oothèque est différente entre l’intérieur et l’extérieur mais celle-ci est pourtant élaborée en une fois. Durcie, elle est très solide et protège les embryons des rigueurs de l’hiver. Au début mai de l’année suivante une surveillance attentive permet de voir sortir de toutes jeunes mantes assez semblables à l’adulte. 5 mois de vie à l’air libre pour 7 mois à l’état d’embryon !